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Monsieur François Hollande
Premier Secrétaire Parti socialiste
5, rue de Solférino 75007 Paris
Paris, le 18 décembre 2006
Lettre ouverte au premier Secrétaire du Parti socialiste Monsieur Premier Secrétaire,
Suite aux propos de M. FRECHE qui s'en est pris cette fois-ci aux Noirs de France, qu'il juge trop nombreux dans notre équipe nationale de football, le Cran s'est très rapidement mobilisé.
Le soir même de l'investiture de Mme Royal comme candidate du PS à l'élection présidentielle de 2007, des manifestants du Cran ont protesté, rue de Solférino, contre les propos de M. FRECHE.
Le Parti socialiste s'est très rapidement désolidarisé des propos tenus, et nous avons noté avec satisfaction que vous-même avez réagi très rapidement en condamnant " de la manière la plus ferme qui soit ", les paroles de M. FRECHE. Pour autant, cette ferme réaction ne saurait suffire.
Vous avez ensuite affirmé sur RTL le 30 Novembre, que " la commission des conflits [allait] se réunir mi-décembre " et que " s'il a tenu ces propos, notamment... Si la preuve est apportée, eh bien, il ne sera plus membre du Parti socialiste " Il semble toutefois, que cette commission ne se réunira pas avant la fin du mois de janvier.
Cette course de lenteur paraît étrange eu égard à la gravité des propos et au trouble qu'ils ont suscité dans l'opinion publique et au sein même du Parti socialiste.
Cette lenteur dans la procédure donne l'impression fâcheuse, d'une manoeuvre dilatoire, dont le seul but serait d'" avoir à l'usure." ceux qui protestent légitimement. Il serait vain de penser user si rapidement des militants ! Plus d'un mois après la révélation des propos de M. FRECHE, la vive émotion et la mobilisation autour de cette nouvelle " affaire FRECHE " ne faiblissent pas.
La réalité, c'est que ce retard ne pourra que ternir la campagne électorale de Ségolène Royal.
Parmi les valeurs prônées par le PS, figure " la dignité des hommes et des femmes ", Nous avions compris que cela s'appliquait à toutes et tous, sans distinction d'origine. Au nom de ces valeurs dont M. FRECHE s'est rendu indigne, le CRAN souhaite que celui-ci ne puisse plus se réclamer du Parti socialiste.
Nous sommes et nous resterons extrêmement attentifs aux suites que le PS donnera à cette affaire ainsi qu'à la décision de la Commission des conflits présidée par M. Mermaz.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier secrétaire, l'expression de mes salutations distinguées. Patrick LOZES Président du CRAN Le CRAN -
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